Au Président de Toulouse Métropole 

  et aux élus locaux

 

Pour une politique de jardins collectifs dans l'agglomération toulousaine


Les élections municipales arrivent, l'occasion de sensibiliser les élus aux jardins collectifs.

A l'initiative des Jardins Familiaux de la Garonne, et d’un collectif d’associations de jardins, cette lettre ouverte a été envoyée au Président de Toulouse-Métropole, aux élus des communes, aux candidats et à la presse.

Ensemble faisons avancer la métropole en terme de jardinage collectif !

N’hésitez pas à diffuser cette lettre le plus largement possible dans vos réseaux !

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Elus locaux,

Les jardins collectifs sont des espaces qui reflètent la volonté d’intégrer l’écologie dans la ville et de créer un réseau de corridors biologiques favorables à la biodiversité. Prendre un terrain en friche pour en faire une aire de verdure et greffer une production de plantes, de fruits et de légumes, crée un impact environnemental et social positif.

Qu’ils soient familiaux, partagés, d’insertion ou pédagogiques, tous les jardins collectifs sont source d’échanges de savoirs, de bonnes pratiques et de moments festifs ouverts sur les quartiers. Ce sont de précieux créateurs d’équilibre social et de mixité.

Enfin, dans le contexte actuel, les citadins rêvent d'autonomie alimentaire afin d’assurer leur autosubsistance avec des aliments de qualité. Ces jardins sont un outil de lutte contre la pauvreté offrant un complément de ressources aux plus modestes.

Et...qui ne rêve d’une ville jardin ?

L’agglomération toulousaine est dynamique, et connaît depuis plusieurs années un développement soutenu, avec environ 10000 nouveaux habitants par an.

Il est important, pour que la ville reste attractive et agréable à vivre, d’adapter le niveau d’équipements à l’accroissement de la population urbaine.

De plus, la demande par habitant en espaces verts et jardins est aujourd’hui en augmentation dans toutes les grandes métropoles; la prise de conscience du réchauffement climatique accentue cette préoccupation des habitants, qui réclament des îlots de fraîcheur et de biodiversité, et une alimentation urbaine de proximité.

Les jardins collectifs peuvent répondre en grande partie à cette demande, et constituer en même temps des espaces verts publics peu coûteux en entretien.

De nombreuses villes se sont dotées de schémas de développement des jardins collectifs sur leur agglomération, pour s’adapter à ces nouvelles conditions et à l’expansion urbaine, dont notre voisine Bordeaux, mais aussi Nice, Strasbourg, Nantes, Lyon...

Par exemple, la ville de Strasbourg dispose d’ores et déjà de 162 hectares de jardins familiaux (contre une petite quarantaine d’ha dans l’agglomération toulousaine...).

Et pourquoi pas Toulouse ?

A Toulouse et dans l’agglomération, le développement des jardins collectifs reste occasionnel et ne fait pas l’objet d’une véritable politique. Les jardins collectifs sont jusqu’à présent les grands oubliés des politiques d’aménagement urbain de l’agglomération, malgré un potentiel exceptionnel de zones inondables non urbanisables, compatibles avec l’installation de jardins (bords de rivières, gravières...).

Nos associations connaissent une forte demande en jardins qu’elle ne peuvent absorber. La liste d’attente s’allonge d’année en année, et les délais d’attribution aussi.

Le nombre de jardins créés depuis dix ans, même s’il est appréciable, reste « du saupoudrage » (de l’ordre de quelques dizaines...) par rapport à l’accroissement constaté de la population .

 

Il nous semble donc opportun de faire un état des lieux précis des jardins potagers collectifs, de manière à définir une politique de développement de ces jardins à l’échelle de l’agglomération toulousaine.

 

Il s’agit, pour chaque commune de l’agglomération de:

  • Apprécier les besoins actuels et futurs en jardins collectifs : quelle est la population concernée? Pour qui, pourquoi créer des jardins collectifs ?

  • Faire un état des lieux et une typologie des jardins et vergers collectifs existants, complétant le diagnostic de l’Agence d’Urbanisme de l’agglomération toulousaine sur les 28 jardins partagés, et la carte de Partageons les Jardins, 

  • Situer les « gisements » en terrains potentiels, recenser les terrains disponibles/ commune en fonction de l’accessibilité en transports en commun.

Les objectifs à l’échelle de l’agglomération seront les suivants :

Adopter une politique foncière s’appuyant sur la SAFER et l’Etablissement Public Foncier Local, construire des réserves foncières,

Identifier les freins/leviers à la mise en place de jardins collectifs, et les financements possibles.

Enclencher une dynamique avec un partenariat fort collectivités locales, habitants et associations,

S’appuyer sur une démarche participative avec des outils adaptés, apporter un soutien méthodologique aux communes, proposer des modalités de gestion de ces jardins,

Articuler les jardins collectifs avec les autres formes d’agriculture urbaine et de verdissement de l’agglomération,

Etablir un budget prévisionnel et un programme pluriannuel de réalisation de jardins collectifs.

Proposition: Sortons du bricolage!

Les Jardins Familiaux de la Garonne, les Jardiniers de Tournefeuille, Partageons les Jardins, Les Jardins d’En Prunet, Les Jardiniers de Montrabé, les Jardins familiaux de la FNJFC et d’autres associations, demandent officiellement à Toulouse Métropole l’établissement en 2020 d’un diagnostic préalable à une politique de jardins collectifs sur l’agglomération toulousaine.

 

Jardins familiaux de la Garonne Toulouse et Balma (sites de Périole, Al Péchiou, Beauzelle, Manel, Marcaissonne, Chantelle)/Jardiniers de Tournefeuille et Ramée-culteurs/Partageons les jardins Toulouse/ JF de la FNJFC Toulouse (sites deLes jardins familiaux de Ginestous, Toulouse/ Les jardins d’En Prunet, St Orens/ Les jardiniers de Montrabé et bien d’autres encore…

Pour le Collectif d’associations

Jardins Familiaux de la Garonne

122 rue du Férétra

31400 TOULOUSE